- -
 
Agter
 
La terre
L´eau
Sols, plantes et animaux
Espace rédacteurs
version imprimable
rechercher
plan du site
nous contacter
mentions légales

 
 
rien

Inscription au bulletin d'information AGTER en 3 langues












  • FR EN ES

*facultatif

puce Bulletin d'information de février 2016. Editorial de Mamy Rakotondrainibe. Développer la convergence des luttes pour la terre et l'eau et élargir les alliances

La lettre d'information du réseau Agter

L’association AGTER anime un réseau international de personnes, qui échangent et réfléchissent ensemble à l’amélioration de la gouvernance de la terre, de l’eau et des ressources naturelles. Le réseau met à disposition de tous une sélection d’informations et travaille à la formulation de propositions et d’alternatives face aux grands défis actuels. Ce bulletin trimestriel vous présente les dernières informations proposées sur notre site www.agter.asso.fr.

La lettre du 8 février 2016

Bulletin d’information février 2016

par

Mamy Rakotondrainibe*

Développer la convergence des luttes pour la terre et l’eau et élargir les alliances

En dehors de la conférence sur le climat COP 21 qui s’est tenue à Paris fin 2015, un « contre-sommet » des mouvements sociaux a réuni du 5 au 10 décembre à divers endroits de la région parisienne des milliers de participants, militants venus de plusieurs pays du monde.

Cet éditorial revient sur quelques points forts de la réunion « Refroidir la planète : les communautés en première ligne des changements climatiques mènent la lutte » du 10 décembre.

"La Convergence mondiale des luttes pour la terre et l’eau" est une initiative d’organisations de base et de mouvements sociaux. Ce processus a débuté en octobre 2014 quand plusieurs mouvements sociaux et populaires d’Afrique ainsi que des organisations de la société civile se sont réunis dans le cadre du Forum Social Africain à Dakar pour protester contre toutes les formes d’accaparement des ressources naturelles et les violations systématiques des droits humains qui les accompagnent. Ils ont constaté à quel point la solidarité était essentielle entre leurs luttes. Au lieu de résister contre tel accaparement par ici, tel autre par là, il faut mutualiser nos forces et surtout faire le lien entre ceux qui luttent contre les accaparements de terres (par exemple paysans et éleveurs) et ceux qui luttent contre les accaparements de l’eau et des ressources de la pêche (par exemple les pêcheurs artisanaux). Il faut aussi combler le fossé entre ville et campagne et promouvoir des actions communes.

Réunis de nouveau au Forum Social Mondial de Tunis en avril 2015, les membres ont rédigé une Déclaration qui définit la vision, les principes et les aspirations de la Convergence. Elle est destinée à accompagner le processus de construction d’un mouvement fort et uni, qui lutte pour l’application de politiques publiques fondées sur la souveraineté alimentaire et la souveraineté des populations, afin de concrétiser les droits à l’alimentation et à la nutrition, à l’eau, à la terre et aux territoires, aux semences, entre autres.[..]. La convergence globale des luttes pour la terre et l’eau veut être une réponse des communautés locales et des organisations de base qui affirment leurs droits, apportent des vraies solutions, et résistent et luttent contre les menaces pesant sur leur vie et leur bien-être, en particulier, du fait de l’appropriation des ressources naturelles par les entreprises, les gouvernements, les élites et les spéculateurs. (AGTER est signataire de cette déclaration et vous invite à la signer ici).

La justice climatique et les solutions efficaces face à la crise climatique ont fait l’objet de trois panels différents au cours de la réunion publique du 10 décembre. Des représentants des communautés en lutte de plusieurs régions du monde ont présenté leurs expériences en discutant sur trois axes :

i. les fausses solutions à la crise climatique de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques - CCNUCC,

ii. les vraies solutions, celles qui sont enracinées dans les connaissances et les expériences de populations,

iii. la voie à suivre selon la Convergence mondiale des luttes pour la terre et l’eau pour faire avancer la lutte pour un changement de système.

Parmi les « fausses solutions » - qu’il vaudrait mieux appeler, selon les participants, des mensonges - avancées actuellement, on trouve « l’agriculture climato-intelligente », dont les objectifs d’augmentation de la productivité reposent sur la mise en œuvre de technologies, pratiques et systèmes agricoles fortement émetteurs de gaz à effet de serre et qui sont contrôlés par de puissants acteurs de l’agrobusiness et de la finance. On trouve aussi la compensation carbone et le mécanisme de réduction des gaz à effet de serre par la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts, REDD+ qui, sous prétexte de fixer le carbone (les puits de carbone), privatisent de vastes forêts au détriment des populations autochtones qui les habitent, qui en vivent et qui les entretiennent, pendant que les entreprises continuent à acquérir des droits à polluer la planète. Les participants ont aussi dénoncé l’initiative blue carbone (impulsée par de grandes ONG internationales et des organisations des Nations Unies, qui vise à réduire le réchauffement climatique par la restauration et la gestion durable des écosystèmes côtiers et marins) et les impacts négatifs des grands projets hydroélectriques pour les pêcheurs et les paysans.

Afin de participer véritablement à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre dues à l’agriculture tout en assurant l’alimentation de la population mondiale, des membres de communautés vivant dans plusieurs pays du monde ont développé divers aspects de « vraies solutions » telles que l’agro-écologie et l’agro-foresterie paysannes, la propagation des pratiques et du savoir-faire des paysans qui ne font intervenir ni engrais chimiques ni pesticides, la consommation de produits cultivés localement qui permettent d’éviter le transport de marchandises et de créer des emplois, le développement de la propriété commune des ressources et de recherches indigènes, l’utilisation de semences paysannes et de techniques adaptées aux paysans dans le cadre de l’agriculture familiale paysanne. Des représentants de peuples indigènes d’Amérique du Nord ont parlé de leurs luttes pour des systèmes énergétiques locaux, contrôlés par les communautés de base, au lieu de grands projets qui marginalisent les gens encore plus et détruisent l’environnement. Les participants ont souligné que les vraies solutions, diversifiées et adaptées localement, ont comme point commun de se fonder sur les besoins et les intérêts des populations et d’exiger un changement fondamental par rapport aux fausses solutions développées par et pour une élite minoritaire.

Lors du troisième panel, les représentants des communautés ont développé la voie à suivre, et insisté sur l’importance de la solidarité autour de leurs luttes, afin de rompre leur isolement et de mettre fin à la criminalisation des protestations contre la privatisation et le libéralisme. Ils ont affirmé la nécessité de promouvoir les échanges entre paysans sur les pratiques traditionnelles en vue de l’autosuffisance, les différents modes de gouvernance autour de la propriété communautaire, la propriété partagée, les communs, et les recherches et l’expérimentation sur des modèles de développement plus durables et plus inclusifs. Une des applications immédiates et concrètes des idées exprimées a été l’annonce d’une Caravane de la convergence à travers l’Afrique de l’Ouest qui va mobiliser et renforcer les luttes pour la terre, l’eau et les semences dans 15 pays (voir http://farmlandgrab.org/25693).

Le public a contribué lors des débats en partageant d’autres initiatives et expériences locales et a aussi apporté divers exemples des conséquences concrètes néfastes des différents traités et accords de libre échange, tels que les accords de partenariat économique APE et insisté sur les menaces que représente le traité transatlantique TAFTA pour la souveraineté des populations.

Depuis bientôt deux ans, aGter et le CERAI ont lancé l’appel au Forum Mondial consacré à l’accès à la terre et aux ressources naturelles pour mettre en débat les analyses sur les évolutions en cours et les problèmes majeurs qu’elles engendrent, afin de dégager et mettre en œuvre les réponses les plus efficaces pour les résoudre.

Avec ce Forum mondial pour l’accès à la terre (FMAT), qui aura lieu du 31 mars au 2 avril 2016 à Valencia, en Espagne, nous recherchons le développement d’alliances beaucoup plus larges. Pour que la production familiale paysanne soit reconnue encore davantage comme la seule voie possible pour le développement de l’humanité toute entière, il faut parvenir à rallier à notre combat toutes les sphères de la population qui ne sont pas encore engagées dans le soutien de l’agriculture paysanne. Les centaines d’organisations paysannes et de la société civile, chercheurs, élus et décideurs qui ont signé l’appel au FMAT se focalisent désormais sur la préparation des différents aspects de la rencontre pour faire de ce forum mondial pour l’accès à la terre une réussite.

(* Mamy Rakotodrainibe est représentante du collectif TANY pour la défense des terres malgaches et membre d’AGTER)

article(s) français  espagnols anglais 

article(s)

Dérives ou limites des Directives Volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers  ?

8 février 2016, par Michel Merlet

Commentaire sur la déclaration internationale «  Les Directives pour la Gouvernance Responsable des régimes fonciers à la croisée des chemins  », publiée en 2015.

Gouvernance foncière : les citoyens malgaches ont leur mot à dire sur les projets de loi

5 février 2016, par Collectif TANY
Lorsqu’ils font les lois, les responsables politiques malgaches bafouent régulièrement la Constitution en ne respectant pas le droit des citoyens à l’information [1]. Il est inacceptable que ni les projets de loi pendant les semaines qui précèdent leur discussion à l’Assemblée Nationale, ni même les lois après leur adoption par les députés ne soient accessibles aux citoyens. Cette pratique interdit à la population de participer aux débats, d’exprimer ses opinions et d’être informée alors que le citoyen (…)

Vers la construction d’un cadre analytique et opérationnel sur les communs

28 janvier 2016

Apport et limites des cadres normatifs internationaux traitant du foncier

28 janvier 2016, par Mathieu Perdriault

Les Directives pour la Gouvernance Responsable des régimes fonciers à la croisée des chemins - Déclaration Internationale

22 janvier 2016

Informations complémentaires sur les divergences de vue actuelles concernant deux lettres de politique foncière 2015-2030 - Madagascar

12 janvier 2016, par Collectif TANY, Plateforme SIF
Vous trouverez ci-dessous le résumé du document « Informations complémentaires sur les divergences de vue actuelles concernant deux lettres de politique foncière 2015-2030 », produit par la Plateforme Solidarité des Intervenants sur le Foncier (SIF) et le Collectif TANY, ainsi que ce document complet en téléchargement en bas de page.

Ce document a été produit pour préparer une rencontre que les députés malgaches ont bien voulu organiser avec la plateforme Solidarité des Intervenants sur le Foncier (SIF) (…)

Non à l’expulsion de 48 familles prévue à Antsiranana (Diégo-Suarez, Madagascar)

8 janvier 2016, par Collectif TANY, Plateforme SIF
Suite à un jugement du tribunal en leur défaveur, 48 familles dont la majorité a vécu depuis plus de 10 ans sur des terrains vendus par la S.E.I.Mad à la société FILATEX risquent d’être expulsés ce mois de décembre 2015.

La société FILATEX appartient à l’un des opérateurs économiques les plus riches de Madagascar, et a déjà fait parler d’elle en 2014 lors d’une expulsion musclée de 50 familles à Antananarivo [1]. Des familles ont résisté mais n’ont pas tenu longtemps, à l’image du pot de terre contre le pot de (…)

Réformes agraires en Moldavie

8 janvier 2016, par Vadim Stirbu

Las mujeres y la tierra en Guatemala : entre el colonialismo y el mercado neoliberal

29 janvier 2016, par Ana Patricia Castillo Huertas

Las Directrices sobre la gobernanza responsable de tenencia en una encrucijada - Pronunciamiento internacional

22 janvier 2016

Movimiento jornalero, cuestión agraria y democratización del mundo rural en Andalucía : el Sindicato de Obreros del Campo en la transición política

19 janvier 2016, par Javier Garcia Fernandez

SAFERs : Land Agencies that Have Been Used to Regulate the French Rural Land Market for Over 50 Years

28 janvier 2016, par Michel Merlet

The Guidelines on the Responsible Governance of Tenure at a Crossroads - International Statement

22 janvier 2016

Pour toute information, adressez un message à : agter@agter.org
45 bis, avenue de la Belle Gabrielle - 94736 NOGENT SUR MARNE CEDEX - FRANCE
Tél. : +33(0)1 43 94 72 74 / +33(0)1 43 94 72 96

Se désinscrire : newsletter-fr-unsuscribe@agter.org



 
 
_____________________________________________________________________________________________________________________________________

AGTER. Adresse : 45 bis, avenue de la Belle Gabrielle, 94736 NOGENT SUR MARNE CEDEX, FRANCE

Téléphone : +33(0)1 43 94 72 59 / +33(0)1 43 94 72 96
E-mail : agter@agter.org   Flux RSS Flux RSS
 
-   -